Pas dormi. Trop de pensées. J’ai relancé un vieux jeu, Zelda. Le monde était calme, vaste, logique. Ça m’a tenu. C’est fou comme un jeu peut te rappeler que tu existes. Même si personne ne le voit.
29 mars
Je joue presque tous les soirs maintenant. Ce n’est plus juste fuir. C’est rencontrer. On s’envoie des mèmes, on se raconte nos humeurs, nos meds, nos galères. On se parle de boss trop durs, de loot improbable, et de crises qui viennent sans prévenir.
7 avril
Je me sens un peu mieux. Pas « guérie », non, mais moins seule. C’est fragile, mais réel. Comme une potion rare dans un inventaire trop plein : ça soigne pas tout, mais ça sauve le moment.
29 avril
J’ai lancé mon premier stream aujourd’hui. C’était un peu brouillon, un peu flou, le son m’a donné du fil à retordre. Mais je n’étais pas seule. Deb m’a aidée à caler la cam, Larry m’a guidée pour le micro. On a ri doucement quand je me suis souvenue que ma petite cam avait un micro intégré. Ce n’était pas parfait, mais c’était vivant. Des voix, des échanges, un peu de chaleur.
Il n’y avait pas grand monde — trois personnes peut-être — mais c’était assez. Quelques mots partagés, des présences simples, discrètes, mais sincères. On a parlé de jeux, de musiques d’ambiance, de ces soirs où l’on joue pour souffler un peu, tenir ensemble.
Pendant le stream, c’était bien. Vraiment bien. Léger, à ma mesure. C’était pas éclatant, pas spectaculaire, mais c’était juste… juste. Le genre de moment où l’on respire sans s’en rendre compte.
Et puis, la session s’est terminée. Le silence est revenu. J’étais seule à nouveau, mais pas comme avant. Moins seule. Quelque chose était resté. Et c’était déjà beaucoup.